Ce vendredi 04 octobre, se tenaient les 4èmes Rencontres régionales Sports Santé qui réunissaient autour du CROS Hauts de France et de la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (DRAJES), de nombreux partenaires du monde sportif et de la santé et des collectivités locales. Le COREG Hauts de France y était représenté.
La matinée était consacrée à une approche de l’offre sports santé dans les Hauts de France avec un regard particulier sur les maisons Sports Santé du département du Nord.
L’après-midi, étaient proposés différents ateliers autour des thèmes de la recherche, de la formation, de l’inclusion, de l’articulation avec la consultation de prévention. Furent également présentés des programmes sport-santé en y associant la vision des usagers.
Des indicateurs de santé inquiétants
Parmi les indicateurs de santé, certains progressent de façon préoccupante pour des groupes de populations. Selon l’Agence nationale de sécurité en santé (ANSES), 95% de la population française adulte est exposée à un risque de détérioration de la santé par manque d’activité physique ou un temps trop long passé assis. Les deux tiers des 11-17 ans se situent à un niveau de risque élevé.
Le surpoids et l’obésité (1) progressent également. La prévalence (2) est ainsi passée de 8,5 % en 1997 à 15 % en 2012 et 17 % en 2020 (source INSERM). L’augmentation est encore plus marquée dans les groupes d’âge les plus jeunes et pour l’obésité morbide, dont la prévalence a été multipliée par près de sept sur la période.
La région Hauts de France apparaît particulièrement touchée avec en 2020 une prévalence de 22,1%, la plus élevée du territoire national.
L’activité physique outil de prévention
Face à ces pathologies ou d’autres comme les pathologies cardiovasculaires, l’activité physique dont le sport, à défaut d’être un remède constitue un moyen efficace de prévention.
Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour favoriser la pratique sportive en Région Hauts de France. Le Pass’ sport permet ainsi la participation à une prise de licence à hauteur de 50 € pour les jeunes entre 6 et 30 ans bénéficiaires de certaines allocations. Mais sur un potentiel de 650.000 bénéficiaires, 140.000 seulement l’ont utilisé.
Le développement de la pratique sportive non encadrée pose par ailleurs la question l’offre d’équipements adaptés.
Autre élément important du dispositif, les Maisons Sports Santé qui ont pour but d’accompagner et conseiller les personnes souhaitant pratiquer une activité physique et sportive à des fins de santé, de bien-être, quel que soit leur âge.
Si ces maisons de santé ont entre autres pour mission de proposer des activités adaptées, elles sont également chargées d’orienter vers des lieux de pratique « courants » dont les clubs sportifs.
Une des difficultés rencontrées dans cette mission d’orientation est de trouver des clubs qui permettent effectivement l’intégration de personnes aux aptitudes physiques réduites. Cela signifie d’organiser des activités avec une distance et un rythme adaptés au périmètre de déplacement des personnes orientées.
Et nos clubs dans tout ça ?
L’inscription dans une démarche sport santé recouvre des réalités différentes selon le public accueilli.
Aux personnes pouvant pratiquer un sport sans limitations, il « suffit » de proposer des activités qui leur permettent de pratiquer à un rythme compatible avec leur état forme. Ce n’est déjà pas toujours simple quand on voit comment se passe parfois l’accueil de nouveaux pratiquants mais ce n’est pas hors de portée.
Pour d’autres présentant des limitations, il faut en sus un encadrement spécialement formé, la détention d’un diplôme fédéral n’étant pas suffisante. Le recours à des enseignants en Activités Physiques Adaptés (APA) devient à un certain stade indispensable.
Cela pose bien sûr la question du financement de cet encadrement, la solvabilisation de l’offre reposant sur des dispositifs locaux pour le côté offre ou la prise en charge de mutuelles côté pratiquant. Bien que possiblement prescrite par ordonnance, l’activité sportive ne donne en effet pas lieu à un remboursement par l’assurance maladie.
Le projet sportif fédéral 2021-2024 comportait déjà une composante sport santé avec une liste d’objectifs en la matière (p8), l’écriture du projet 2025-2028 sera sans doute l’occasion d’en faire l’évaluation et de poursuivre l’action engagée en la matière.

- Chez l’adulte, il y a surpoids quand l’indice de masse corporelle (IMC) est égal ou supérieur à 25 et obésité quand l’IMC est égal ou supérieur à 30
- La prévalence est le rapport entre les cas d’un évènement ou d’une maladie et la population exposée à une date donnée.